Au cœur du Parc naturel régional du Morvan, les grives (genre Turdus) sont des passereaux robustes et plutôt discrets qui font partie du paysage quotidien. Elles fréquentent les forêts, les bocages, les haies et les vergers. Quatre espèces sont régulièrement observées ici et ont pu être photographiées le même jour sur la commune de Chastellux-sur-Cure : la grive musicienne, la grive draine, la grive litorne et la grive mauvis.
Certaines nichent sur place toute l’année, d’autres ne font que passer l’hiver pour profiter des baies avant de repartir vers le nord. Fin mars, on assiste souvent à un beau mélange : les résidentes commencent à s’activer pour la nidification tandis que les migratrices hivernantes traînent encore un peu pour se gaver des dernières baies.
Grive musicienne sur des baies de lierre
Grive musicienne sur des baies de lierre
Pourquoi le Morvan est un spot idéal pour observer les grives
Le Morvan fait partie des meilleurs endroits en France pour voir les quatre espèces de grives presque en même temps, surtout à la fin de l’hiver et au tout début du printemps. Sa position au carrefour des influences continentales et semi-montagnardes, avec ses forêts anciennes, ses bocages, ses haies chargées de baies et ses lisières, offre à la fois de bons sites de nidification pour les espèces qui restent ici et de la nourriture abondante pour celles qui viennent du nord.
Fin mars, les grives musicienne et draine préparent déjà leurs nids, pendant que les litornes et mauvis s’attardent encore sur les baies de lierre ou de sureau avant de filer vers la Scandinavie ou plus loin. Ce climat frais et humide, combiné à la mosaïque de milieux, fait que ce mélange est beaucoup plus fréquent ici que dans le sud ou à l’ouest de la France, où les migratrices partent souvent plus tôt ou sont moins nombreuses. 
Grive musicienne sous la pluie
Grive musicienne sous la pluie
La grive musicienne (Turdus philomelos)
C’est la plus commune et la plus chanteuse de nos grives. Dos brun-olive, poitrine beige clair avec des taches noires en forme de cœur ou de flèche bien serrées. On la reconnaît facilement sur les branches fleuries au printemps.
Statut dans le Morvan : nicheuse sédentaire très commune. Elle construit son nid (avec un intérieur en boue) dans les buissons ou les arbres bas, souvent près des lisières. On l’entend dès février-mars, et elle élève généralement 2 à 3 nichées par an. Elle reste toute l’année.
Le chant de la grive musicienne est l’un des plus beaux et des plus reconnaissables du printemps. Il se compose de phrases flûtées, claires et mélodieuses, que l’oiseau répète généralement deux à quatre fois de suite, comme s’il s’entraînait. Chaque phrase est différente de la précédente, ce qui donne une grande variété au chant. On y entend parfois des imitations d’autres oiseaux ou même de sons environnants.
C’est un chant puissant, porté loin, que l’on peut entendre dès le mois de février dans les lisières et les jardins du Morvan, souvent très tôt le matin ou en fin de journée. Contrairement à la grive draine qui chante par salves courtes et puissantes, la musicienne offre une véritable « mélodie » répétée, ce qui lui vaut son nom. Cliquez ci-dessous sur le triangle pour l'entendre.

Chant de la grive musicienne

Grive draine, la plus grande...
Grive draine, la plus grande...
Grive draine sur son perchoir en fin de journée
Grive draine sur son perchoir en fin de journée
La grive draine (Turdus viscivorus)
La plus grande et la plus massive, avec un poitrail blanc marqué de grosses taches noires rondes et espacées, et un dos gris-brun uniforme.
Sur cette branche morte typique des lisières morvandelles, une grive draine chante haut et fort. Son plumage et sa silhouette robuste se voient bien.
Statut dans le Morvan : nicheuse sédentaire commune. Elle niche dans les grands arbres ou les haies hautes dès le mois d’avril et reste toute l’année. En hiver, elle descend volontiers dans les vergers pour les baies.

Grive draine en train de chanter

La grive litorne (Turdus pilaris)
On la reconnaît à sa tête et nuque gris clair bien contrastées, son dos roux et ses flancs striés de noir en forme de flèches. Très sociable, elle se déplace souvent en petites bandes bruyantes et raffole des baies sur le lierre.
Statut dans le Morvan : migratrice hivernante abondante. Elle ne niche pratiquement pas chez nous. Elle arrive d’Europe du Nord et de l’Est en automne, passe l’hiver ici et repart vers le nord-est fin mars ou début avril.
La grive mauvis (Turdus iliacus)
La plus petite des quatre, avec un sourcil blanc très marqué, une poitrine finement striée et souvent des touches rousses sur les flancs visibles en vol. Elle est assez nerveuse et fouille volontiers le sol ou les buissons à la recherche de vers et d’insectes.
Statut dans le Morvan : migratrice hivernante. Elle ne niche pas en France. Comme la litorne, elle vient du nord de l’Europe pour hiverner chez nous et commence à remonter vers la Scandinavie ou la Sibérie à partir de fin mars.
Grive mauvis, la plus petite avec son sourcil blanc...
Grive mauvis, la plus petite avec son sourcil blanc...
Grive mauvis
Grive mauvis
Le saviez-vous ? 
Les quatre grives que l’on peut observer dans le Morvan ont des chants très différents, même si elles appartiennent toutes au même genre Turdus. La musicienne répète plusieurs fois chaque phrase comme un musicien qui s’entraîne, la draine a un chant plus simple et puissant qui porte loin même sous la pluie, la litorne fait des « tchac-tchac » rauques en vol, et la mauvis émet un discret « tsip » ou un chant flûté très doux. Reconnaître leur chant est souvent le meilleur moyen de savoir qui est dans les parages avant même de les apercevoir !
Les prises de vue ont été réalisées discrètement à l’aide de téléobjectifs et d’affûts camouflés, sans dérangement des oiseaux.
Matériel : Nikon Z8 + NIKKOR Z 600mm  f/6.3 VR S 

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