Libération !
Ce matin du 3 juillet 2026, sur une plage de l’Île de Ré, l’Aquarium de La Rochelle a libéré trente tortues caouannes soignées tout l’hiver au CESTM.
Les vans blancs sont arrivés tôt. Dans les bacs, les tortues patientaient, certaines parmi les plus grosses déjà équipées d’une balise Argos. Avec précaution, les équipes les ont posées sur le sable humide. Puis, seules, elles ont entrepris leur chemin vers l’océan.
J’ai aimé photographier ces moments précis : les instants d'hésitation, la tête massive qui se lève, l’œil vif qui semble jauger l’horizon à l'approche de l'eau, la carapace qui prend la lumière du matin sur le sable mouillé. Certaines tortues avançaient lentement, d’autres plus déterminées, leurs puissantes nageoires laissant des traces nettes derrière elles.
Dix d’entre elles portaient une balise satellite. Ces dispositifs, fixés sur la carapace, permettront aux chercheurs de suivre leurs déplacements pendant plusieurs mois et d’en apprendre davantage sur leurs routes et leurs zones d’alimentation.
Autour, le public observait, tantôt silencieux, tantôt enthousiaste. Des élèves des écoles locales, des familles, des élus locaux... On sentait que ce n’était pas seulement une libération, mais un moment de transmission.


Les vans de l’Aquarium de La Rochelle stationnés sur la plage de la conche des Baleines, prêts pour la libération des tortues

Chaque tortue a un nom, ici Ricochet, et arrrive dans un bac plastique avant d'être déposée sur la plage
Chaque tortue a un nom, ici Ricochet, et arrrive dans un bac plastique avant d'être déposée sur la plage
Ripple, déja un beau spécimen a été choisi pour porter une balise Argos
Ripple, déja un beau spécimen a été choisi pour porter une balise Argos

9h46 : les caisses sont alignées... tout est prêt pour la première vague de libération

Portrait intime d’une tortue caouanne : texture de la peau, écailles colorées et regard intense.
Portrait intime d’une tortue caouanne : texture de la peau, écailles colorées et regard intense.

Une soigneuse de l’Aquarium de La Rochelle tient avec douceur une tortue caouanne avant sa remise en liberté.

Un plongeur de la gendarmerie maritime surveille les opérations depuis l’eau, tandis qu’une tortue caouanne attend sur le sable son grand départ

Posée avec précaution sur la plage, Ripple équippée de sa balise Argos s'apprête à marcher seule vers l'océan sous les yeux du public

C'est parti pour Ripple ! encore quelque mètre et elle retrouve l'océan...
C'est parti pour Ripple ! encore quelque mètre et elle retrouve l'océan...

Tout juste déposé sur le sable, certaines ont un peu d'hésitation avant d'avancer vers l'océan...

Celle-ci est presque arrivée et vient de sentir la première vague sur sa carapace

Et hop ! on lève la pattes bien haut pour arriver plus vite à l'océan (la mouche profite du trajet)
Et hop ! on lève la pattes bien haut pour arriver plus vite à l'océan (la mouche profite du trajet)
Comprendre le marquage Argos sur les tortues caouannes
Sur plusieurs photos (notamment celle de la tortue « Ripple » dans son bac noir et celle du lâcher avec l’antenne visible), on distingue clairement une petite boîte fixée sur la carapace, avec une fine antenne qui dépasse. C’est une balise Argos.
À quoi ça sert ? 
Ces balises permettent aux scientifiques de suivre les tortues à distance pendant plusieurs mois après leur libération. Chaque fois que la tortue remonte à la surface pour respirer, la balise émet un signal qui est capté par les satellites du système Argos. Les chercheurs reçoivent alors sa position géographique précise, et souvent des données complémentaires (durée des plongées, température de l’eau…).
Pourquoi équiper des tortues caouannes ? 
Les caouannes effectuent de longues migrations en Atlantique. Savoir exactement où elles vont, où elles s’alimentent et quels itinéraires elles empruntent est essentiel pour :
Protéger les zones importantes pour l’espèce
Réduire les risques de capture accidentelle par les filets de pêche
Mieux comprendre l’impact du réchauffement climatique et de la pollution plastique
C’est un outil scientifique puissant au service de la conservation.
Comment ça marche concrètement ?
La balise est fixée sur la partie supérieure de la carapace avec une colle époxy marine spéciale. Elle tient plusieurs mois sans gêner la nage ni l’équilibre de la tortue.
Elle est très légère (quelques dizaines de grammes seulement).
L’antenne dépasse juste assez pour émettre quand la tortue est en surface.
La batterie dure en général entre 6 et 18 mois, selon le modèle et la fréquence des émissions.
Ce matin, sur les 30 tortues caouannes remises à l’eau sur l’Île de Ré, 10 étaient équipées de ces balises Argos. Leurs trajets vont maintenant être suivis en direct par les équipes du CESTM de l’Aquarium de La Rochelle et les chercheurs partenaires.
Un marquage respectueux 
Les balises modernes sont conçues pour être les moins invasives possible. Une fois la batterie épuisée, la balise finit par tomber naturellement ou reste inoffensive sur la carapace. L’objectif n’est pas de « marquer » l’animal à vie, mais de collecter des données précieuses pendant une période clé de sa vie.
Grâce à ces balises, chaque tortue libérée ce 3 juillet 2026 continue d’apporter des informations scientifiques longtemps après avoir disparu à l’horizon.

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