Comprendre le marquage Argos sur les tortues caouannes
Sur plusieurs photos (notamment celle de la tortue « Ripple » dans son bac noir et celle du lâcher avec l’antenne visible), on distingue clairement une petite boîte fixée sur la carapace, avec une fine antenne qui dépasse. C’est une balise Argos.
À quoi ça sert ?
Ces balises permettent aux scientifiques de suivre les tortues à distance pendant plusieurs mois après leur libération. Chaque fois que la tortue remonte à la surface pour respirer, la balise émet un signal qui est capté par les satellites du système Argos. Les chercheurs reçoivent alors sa position géographique précise, et souvent des données complémentaires (durée des plongées, température de l’eau…).
Pourquoi équiper des tortues caouannes ?
Les caouannes effectuent de longues migrations en Atlantique. Savoir exactement où elles vont, où elles s’alimentent et quels itinéraires elles empruntent est essentiel pour :
Protéger les zones importantes pour l’espèce
Réduire les risques de capture accidentelle par les filets de pêche
Mieux comprendre l’impact du réchauffement climatique et de la pollution plastique
C’est un outil scientifique puissant au service de la conservation.
Comment ça marche concrètement ?
La balise est fixée sur la partie supérieure de la carapace avec une colle époxy marine spéciale. Elle tient plusieurs mois sans gêner la nage ni l’équilibre de la tortue.
Elle est très légère (quelques dizaines de grammes seulement).
L’antenne dépasse juste assez pour émettre quand la tortue est en surface.
La batterie dure en général entre 6 et 18 mois, selon le modèle et la fréquence des émissions.
Ce matin, sur les 30 tortues caouannes remises à l’eau sur l’Île de Ré, 10 étaient équipées de ces balises Argos. Leurs trajets vont maintenant être suivis en direct par les équipes du CESTM de l’Aquarium de La Rochelle et les chercheurs partenaires.
Un marquage respectueux
Les balises modernes sont conçues pour être les moins invasives possible. Une fois la batterie épuisée, la balise finit par tomber naturellement ou reste inoffensive sur la carapace. L’objectif n’est pas de « marquer » l’animal à vie, mais de collecter des données précieuses pendant une période clé de sa vie.
Grâce à ces balises, chaque tortue libérée ce 3 juillet 2026 continue d’apporter des informations scientifiques longtemps après avoir disparu à l’horizon.